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Thor Love and Thunder, le film de 2022Feu orange cinéma

Marvel : Thor 4; Love and Thunder (2022)
Traduction du titre français : Tonnerre : l’amour et le tonnerre.


Sorti aux USA pour le 8 juillet 2022.
Sorti en France pour le 13 juillet 2022.
Sorti en blu-ray 4K américain le 27 septembre 2022,
Sorti anglais le 3 octobre 2022, allemand le 13 octobre 2022,
Sorti en français le 11 novembre 2022.  

De Taika Waititi (également scénariste et acteur), sur un scénario de Jennifer Kaytin Robinson, d'après la bande dessinée Marvel Thor de Stan Lee, Larry Lieber et Jack Kirby, d'après la mythologie nordique notamment l'Edda poétique et de Snorri. Avec Chris Hemsworth, Christian Bale, Tessa Thompson, Jaimie Alexander, Taika Waititi, Russell Crowe, Natalie Portman.

Pour adultes.

(parodie lourde de fantasy, superzéros woke) Un homme chauve marche seul tenant un enfant dans les bras en plein désert – littéralement une plaine blanche craquelée sous un soleil. Ils s’arrêtent près d’un rocher que sa fille se met à gratter, et prie son dieu pour trouver de l’eau pour sa fille.

Prière peu efficace, car le vent de sable se lève. La petite fille déclare à son père qu’elle est en train de mourir, et hop, elle est déjà enterrée, son père couché à ses côtés. Il se réveille quand il entend une voix de femme l’appeler – et se remet à marcher. Il trouve une oasis (quelqu’un a encore pompé sur Gilgamesh) et se vautre dans l’eau autrefois potable, mais quand il sort de l’eau, se coupe sur une lame affleurant dans l’arbre.

Puis il se jette sur des fruits rassemblés dans l’arbre et est interpellé par son dieu Rapu, dont l’entourage de femmes littéralement en fleurs et d’hommes masqués ou cornus s’esclaffent. L’homme chauve se présente comme le dernier de ses disciples, Gorr : ils ont tout perdu car leur terre est devenue sèche. Mais leur foi en Rapu n’a jamais décliné et à présent ils attendent que leur dieu tienne sa promesse d’une récompense éternelle. Et de demander si c’est pour cela que l’entourage célèbre cette récompense en riant.

Rapu lui-même s’esclaffe : Gorr croit qu’il y a une récompense éternelle. Gorr perd son sourire, Rapu répond, anachroniquement : non, désolé, il n’y a pas de récompense éternelle pour Gorr, qu’il traite alors de chien. Et de lui jeter dessus un fruit dur. Ce qu’ils célèbrent, c’est une proie tuée : ils viennent de vaincre le gardien de la Nécro-épée, avant qu’il puisse blesser n’importe quel autre dieu avec cette lame maudite.

Franchement, qui expliquerait au premier venu qu’il tient l’épée qui seule peut vous tuer ? réponse, un scénariste qui écrit avec ses pieds et se fiche de la gu…le du spectateur – Rapu (on dirait Zeus mais ce n’est pas le même acteur, j’ai vérifié) n’est certainement pas né de la dernière pluie, et toutes les mythologies décrivent les dieux comme des gens qui ont dû échapper à des assassinats par ruse à des complots et des traîtrises.

Et Rapu de poursuivre son dialogue d’exposition pendant que Gorr s’entend susurrer à l’oreille que si c’est la vengeance qu’il cherche, il en tient l’outil à portée de main. Gorr implore cependant : si le Nécro-gardien menaçait l’empire du Dieu Rapu, celui-ci devrait savoir que son empire est déjà fini : il n’y a plus personne pour vénérer Rapu.

Rapu répond du tac au tac, parce qu’il faut croire qu’il a vraiment besoin de parler avec un chien : il y aura davantage de suiveurs pour le remplacer, il y en a toujours… — et de lui faire admirer les nouveaux filets sociaux que ses minions ont déployés pour lui sur tous les rusés sons de la planète, même qu’ils pourront s’entendre conter dessus les dernières fables Disney / Marvel contre un très modeste sacrifice mensuel.

Sans doute parce qu’il n’a pas assez bu (se baigner ne suffit pas), Gorr persiste et son scénariste joue la montre : ils ont souffert, ils ont eu faim à en mourir…

La réponse est pourtant évidente pour quiconque suivrait une religion : c’est qu’ils n’étaient pas dignes, n’ont pas assez payés leurs prêtres-rois ou n’ont pas assez fait de gâteries à leurs reines-prêtresses, et ne leur ont pas donné assez d’enfants à violer, mutiler et manger, comme cela se fait encore aujourd’hui chez tous les peuples qui vénèrent des dieux, des rois, des reines et qui se prennent pour le peuple élu au-dessus de tous les autres, qu’ils comptent réduire en esclavage ou génocider pour tout leur voler.

Puis Gorr se prend littéralement la tête pour pleurnicher : sa fille est morte. Incidemment la totalité de son peuple donc de sa famille sont mort avant, il devrait s’être habitué à la notion. Et d’ajouter : en le nom de Rapu. J’ai dû louper un épisode — quand Gorr a-t-il exactement sacrifié sa fille à Rapu et à la suite de quel commandement de Rapu ? Quelqu’un s’est économisé des pages de scénario ? Quelqu’un débite encore du dialogue d’exposition dans un film supposé d’action ?

Rapu — en fait le scénariste se prenant pour un dieu et parlant à son personnage — répond : souffrir est ce que Gorr est supposé faire — souffrir pour ses dieux est sa seule fonction. Il n’y a rien pour Gorr après la mort, à part la mort. Un très curieux discours pour un dieu antique, contradictoire dans les termes puisqu’il y a bien la mort après la mort, et Rapu n’a toujours pas défini la mort. N’a-t-on pas parler de tout temps de la mort comme une délivrance à la souffrance, à la ruine, l’humiliation etc. ? bref, pour un grand nombre de sectaires et de lavés du cerveau, la mort est une récompense, pour d’autres, c’est simplement le corps qui meurt, et l’esprit rejoint les autres et/ou se réincarne.

Alors Gorr accuse Rapu de ne pas être un dieu. C’est seulement maintenant qu’il réalise qu’un dieu est censé exaucer les prières et pourvoir à la prospérité de ceux qui le vénèrent ? Il arrache sa propre amulette de son cou – qu’il aurait dû perdre il y a bien longtemps si la courroie de cuir en était si peu solide Et d’affirmer qu’il renonce à Rapu (en tant que Dieu)

Et apparemment cela semble déranger Rapu qu’un chien indigne de lui renonce à le vénérer : il attrape Gorr par le coup et le soulève à bout de bras, pour déclarer qu’à présent la vie dénuée de sens de Gorr vient finalement de prendre sens : se sacrifier lui-même à Rapu.

Petite seconde, c’est bien ce que Gorr et la totalité de son peuple étaient en train de faire, et ce que Gorr reprochait littéralement à Rapu, se sacrifier en son nom – pourquoi, nous ne le savons toujours pas, parce qu’apparemment le scénariste n’a aucune idée de la civilisation de Gorr, aucun budget ni aucune envie de nous en donner ne serait-ce que trois lignes de monologue d’exposition défilant à l’ancienne surimprimés à une carte postale.

Par ailleurs, Rapu et son scénariste semblent avoir oublié le sens du mot sacrifice, qui suppose un disciple volontaire, soit pour sacrifier quelqu’un d’autre soit pour se sacrifier lui-même. Rapu a dû trop écouter le président Macron et ses patrons banquiers et n’hésite plus à parler de « don involontaire », comme dans le cas de ces organes que l’on arrachent aux adultes et aux enfants à l’hôpital contre leur consentement pour les revendre et gagner un max de fric en soins opératoire : la guerre c’est la paix, le bien c’est le mal, air connu des dictateurs psychopathes.

Oui nous avons bien compris que Rapu est psychopathe mais dans les films et séries américains depuis 2020, tous les mâles blancs qui ne sont pas des lavettes ou des travestis sont forcément des psychopathes, et Rapu paraît d’ailleurs trop blanc et trop blond pour ressembler à authentique un dieu tropical, sumérien comme sud-américain. Hâte qu’un jour un Marvel mette en scène de manière non révisionniste et le plus réaliste possible sans aucune censure quelques divinités et royautés historiques belliqueuses noires africaines : seuls des authentiques cannibales ne quitteront pas la salle.

La voix répète alors à Gorr que s’il cherche la vengeance il doit tuer tous les dieux, et la nécro-épée de disparaître de l’herbe pour sortir de terre pour rejoindre sa main, tandis que Gorr qui semble décidément très endurant et pourvu d’un dispositif invisible pour à la fois protéger sa trachée, ses artères du cou et ses cervicales, a des flashs d’un genre de palais titanesque, tandis que la voix lui ordonne d’aller jusqu’à l’Eternité et de tuer tous les dieux, de convoquer le Bifrost (le pont entre les mondes des vikings).

Et de planter l’épée dans le cou de Rapu, qui bigleux, ou vraiment très poli envers les chiens, avait pris soin de ne pas remarquer l’énorme épée qui montait lentement, pourtant parfaitement visible vu la position respective de Rapu et de Gorr. Rapu, qui étrangement peut encore parler avec une épée dans la gorge, mais il s’agit probablement de son seul pouvoir avec sa super-force, déclare que Gorr est désormais maudit parce qu’il a ramassé l’épée ; et Gorr de répondre qu’il ne ressent pas cela comme une malédiction. Faut croire que Gorr n’a jamais entendu parlé des malédictions, ce qui est fort étrange vu qu’apparemment il est un disciple très discipliné.

Par ailleurs je réalise alors que nous n’avons jamais vu la super-force de Rapu vaincre le Nécro-gardien, ce qui me fait soupçonner encore une fois que le budget des films Disney Marvel est bien plus serré que ce que Disney prétend, ou bien massivement détourné. Tout semble se réduire à un petit club qui fait poser leurs acteurs et actrices préférés devant un mur d’image, délire avec un scénario bout de ficelles puis sortent faire la fête ensemble, et le public peut aller se torcher avec ses tickets et ses abonnements à 15-20 euros, bientôt 50 parce que tout le monde sait que c’est en Ukraine que tout est fabriqué.

Mais avec quoi Thor fait-il au juste des étincelles dans cette scène ? Rassurez vous, aucun Chris Helmsworth n’a été maltraité dans cette scène, seulement sa doublure corps en images de synthèse. Ou pas.

Bref, Gorr retire l’épée et Rapu saigne de l’or (quelqu’un a dû visionner Gods of Egypt juste après Le Roi Scorpion), déclare qu’il ressent la malédiction comme une promesse, et ajoute en brandissant son épée que son souhait est que tous les dieux meurent. Et de décapiter Rapu hors champ de la caméra et flouté, parce qu’on ne plaisante pas avec la censure américaine (enfin si, nous verrons bien les fesses de Thor plus tard dans le film, si ce n’est pas de l’image de synthèse ça aussi), et la tête de Rapu a le bon goût de disparaître dans un bref feu de particules dorées floutées de chez floutées. Même en or, une gerbe de sang ne sera pas tolérée. Quelque part, cela risque d’être un problème pour raconter sur un écran de cinéma un récit épique d’époque, même fantaisiste.

Générique orchestration singeant le hard rock des années 1980, prouvant si cela était encore nécessaire à quel point le générique Marvel est musicalement médiocre, informe et instantanément oubliable, peu importe le style musical interprété.

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