La Rose Pourpre du Caire, le film de 1985Feu vert cinéma

Ici la page Amazon.fr du DVD français de La Rose pourpre du Caire

The Purple Rose Of Cairo (1985)

Sorti aux USA le 19 avril 1985.
Sorti en France le 29 mai 1985.
Sorti en blu-ray américain édition limitée Twilight Time (lisible en France, Anglais DTS HD Mono, image non restaurée, piste instrumentale isolée DTS HD MA 2.0, pas de version française)

De Woody Allen (également scénariste) ; avec Mia Farrow, Jeff Daniels, Danny Aiello, Edward Herrmann, John Wood, Deborah Rush, Van Johnson, Zoe Caldwell, Eugene J. Anthony, Karen Akers, Annie Joe Edwards, Milo O'Shea, Camille Saviola, Dianne Wiest, Alexander Cohen, Irving Metzman, Stephanie Farrow, David Kieserman.

Pour adultes et adolescents.

Le New-Jersey, dans les années 1930. Cecilia, une jeune femme admire l’affiche du film la Rose Pourpre du Caire à l’entrée du cinéma Jewel (le joyau). Elle sursaute au bruit de la chute d’une lettre qu’un employé était en train de monter sur la marquise. Tandis que Cecilia s’éloigne, l’autre employé, qui la connait bien, lui lance que ce film-là sera meilleur que celui de la semaine d’avant – plus romantique.

Cecilia travaille comme serveuse dans un restaurant. Une dame âgé peu amène lui fait remarquer qu’elle voulait son gruau avant ses œufs brouillés, l’obligeant à ramener l’assiette. Un autre homme commande en même temps des céréales et un beignet. Bien que débordée, cela ne l’empêche pas de parler du nouveau film à l’affiche à l’autre serveuse – en fait, sa sœur, qui se plaint de n’avoir même pas eu le temps de voir le film de la semaine d’avant. Cecilia a cependant adoré, elle adore l’actrice Jane Froman, et l’acteur James Melton jouait – d’abord le portier d’un hôtel, puis un chanteur à la radio, puis à l’opéra – la musique était merveilleuse. Sa sœur répond qu’elle a aimé Okay América et Cecilia renchérit qu’elle a vu deux fois ce film, et son amie, qui adore Lew Ayres, lui demande s’il est marié. Cecilia répond que bien sûr que oui, Lew Ayres est marié à Ginger Rogers, et ils se sont mariés sur un bateau au large de l’île de Catalina. Ils vivent à Beverly Hills et parfois passent leurs vacances en Espagne. Avant, Ayres était marié avec Lola Lane, mais Ginger est bien mieux pour lui… Le bavardage de Cecilia est interrompu par un client qui réclame son toast, et Y répond que le toast arrive dans une seconde – puis reprend au sujet de Ginger qui était mariée avec Jack… Le patron l’interrompt à son tour, leur demandant d’accélérer la cadence et reprochant à Cecilia que sa sœur est lente au travaille. Cecilia objecte que sa sœur est encore en train d’apprendre, ce à quoi le patron répond qu’ils sont en pleine Dépression (crise) et que même s’il ne veut pas leur mettre la pression, beaucoup de gens voudraient leur travail, si elles n’y arrivent pas. Cecilia répond immédiatement qu’elle peut y arriver. A peine le patron reparti, Cecilia reprend : Ginger était mariée à Jack Culpepper qui était sorti avec Ruth Chatterton avant qu’elle épouse George… et la jeune femme laisse échapper son plat. Le patron remarque alors que c’est le second de la semaine, et Cecilia s’excuse platement, et le patron lui dit de se reprendre.

Plus tard, comme Cecilia rentre du travail, elle croise son mari Monk, chômeur occupé à jouer des petites pièces dans la rue avec ses amis chômeurs. Aussitôt Monk va à la rencontre de son épouse et lui réclame de l’argent. Cecilia objecte qu’elle n’a pas eu de bons pourboires ce jour-là, mais Monk insiste. Cecilia fouille alors dans son sac, et lui parle d’emplois à prendre à la fabrique de cubes de glace. Monk répond qu’il y était et qu’il n’y avait rien. Cecilia remarque alors que Harriet Rufus prétend que tout ce que Monk et ses amis font de leurs journées c’est jouer à lancer des petites pièces et draguer les filles qui passent devant eux. Monk répond simplement que Harriet Rufus est une poire vaginale. Cecilia s’excuse alors de garder le reste de la monnaie pour les courses. Monk, qui n’a aidé Cecilia a porter son linge que le temps qu’elle fouille dans son sac, lui rend le paquet et lui demande ce qu’elle fait là. Cecilia demande à son mari s’il voudrait aller au cinéma car il y a une avant-première. Monk répond qu’il ne peut pas car il invité des amis ce soir-là. Cecilia s’étonne, et Monk lui demande pourquoi ça ne plait pas à la jeune femme. Elle répond que tout ce qu’ils font c’est boire et jouer aux dés et qu’elle finit toujours par se recevoir une baffe. Mais Monk répond qu’il doit se rattraper auprès de ses amis : il doit de l’argent à tout le monde. Cecilia objecte alors que son mari n’est plus jamais à la maison, à part pour jouer aux dés et aux cartes, tandis qu’elle doit faire des lessives après le travail pour payer le loyer.

Monk lui demande alors si c’est de sa faute si l’usine a fermé. Cecilia se plaint alors que Monk n’était pas comme cela avant, et Monk rétorque qu’il a beaucoup de soucis en ce moment, et lui demande si elle croit que cela lui plait de se gratter et de vivre comme un clochard à longueur de journée. Cecilia répond qu’elle ne sait pas si elle pourra tenir encore longtemps de cette manière. Monk lui affirme alors que le pays va aller mieux, que les choses ne peuvent que s’améliorer, il le promet, et elle sait bien qu’il est fou d’elle. Cecilia réplique que Monk ne fait plus du tout attention à elle. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle avait penser à lui proposer de sortir au cinéma, pour oublier tout les soucis. Monk rétorque que si elle, elle aime rester assise à regarder ces âneries, lui préfère lancer des saletés, et qu’elle n’a qu’à aller au cinéma toute seule. Alors Cecilia demande à Monk s’il drague les filles qu’il passe. Monk rétorque qu’elle n’est pas son patron et qu’elle n’a pas à le regarder comme si il était un criminel, puis il lui ordonne de se laisser prendre dans les bras. Puis il lui ordonne de ne pas rentrer tard parce qu’il s’inquiète. Et il repart jouer à lancer des petites pièces.

Et le soir venu, Cecilia se présente à la caisse toute seule, alors que tous les clients viennent apparemment en couple. Personne ne lui tient la porte, mais elle connait tout le personnel du cinéma par leur prénom ; elle achète son pop-corn, entre dans la grande salle bondée – et la projection du film de la RKO commence… Dans le film, un riche auteur dramatique, Jason en a assez des réceptions et des courses de chevaux. Son meilleur ami lui propose de descendre au Ritz de Paris, mais Jason refuse : il veut se rendre dans un endroit complètement différent, comme le Maroc ou l’Egypte. Arrive son amie blonde platine, qui trouve l’idée d’une croisière sur le Nil très romantique, d’autant qu’elle a exactement la robe qu’il faut pour visiter les pyramides. Jason s’emballe et propose alors de partir la semaine suivante, passer quelques semaines là-bas, en s’arrêtant à Casablanca ou Tanger au passage, et ils seront de retour à temps pour la première de sa nouvelle pièce de théâtre. Et les trois personnages à l’écran de trinquer aux endroits les plus romantiques du monde devant les yeux émerveillés de Cecilia.

Plus tard dans le film, les trois héros explorent une tombe au fond d’une pyramide, et comme la blonde platine s’extasie sur l’état de préservation parfait des lieux, Jason répond qu’il préfère cela à sentir une main bandée venir le prendre à la gorge. Soudain, un beau et jeune explorateur d’allure innocente sort d’une ouverture dans un mur, une lanterne à pétrole à la main. Il les salue et les trois héros se présentent comme des touristes. L’explorateur se présente comme étant Tom Baxter, explorateur, aventurier, faisant de petites recherches archéologiques… Baxter est à la recherche de la Rose Pourpre du Caire – une ancienne légende qui le fascine depuis des années : un pharaon avait fait peindre une rose de la couleur pourpre pour sa reine, et l’histoire raconte que désormais, des roses pourpres sauvages poussent autour de la tombe de la reine. Les trois touristes expliquent alors qu’après deux semaines de voyage, ils s’apprêtent à rentrer à New-York, et Jason propose qu’ils ramènent Baxter avec eux. Baxter hésite, mais accepte : en effet, qu’est-ce qu’une vie sans prise de risque ? D’autant qu’une diseuse de bonne aventure lui a prédit qu’il tomberait amoureux à New-York.

Le film se poursuit dans un Night-Club où l’on annonce le numéro musical de Miss Kitty Haynes, une femme fatale qui chante à propos d’une romance d’un genre différent. Kitty fascine à l’évidence Baxter, tandis que le champagne coule à flot. Le lendemain matin, Cecilia est encore plus rêveuse et manque d’oublier de donner sa note à un client qui la réclame. Auprès de sa sœur, Cecilia s’extasie à propos du film, et de Tom Baxter, et voudrait que sa sœur et elle aillent voir le film ensemble. Ce qu’ils font. Mais lorsque Cecilia rentre, son mari Monk s’étonne qu’elle soit de retour si tôt : il n’est pas seul, et il est occupé à boire avec une autre femme au rire très bruyant… et à se rhabiller. La dame, très rondelette, veut partir, mais Monk insiste pour qu’elle reste : il la présente comme son amie Olga, une acrobate. À ces mots, Olga éclate de rire, éparpillant le contenu de son verre d’alcool. Olga répond qu’elle n’est pas acrobate et qu’il faut qu’elle rentre chez elle, mais Monk veut qu’elle reste pour lui dire la bonne aventure. Olga rétorque que Monk est saoul, et comme Olga s’en va, il lui lance de ne pas s’inquiéter pour Cecilia, qui est juste son boulet, ou en tout cas, Cecilia essaie de l’être. Puis Monk ramasse sa veste et poursuit Olga, parce qu’il veut lui montrer un tour de cartes. Olga hurle alors de rire et ils s’en vont, laissant la porte de l’appartement ouverte.

Sans un mot, Cecilia ferme la porte et fait sa valise. Mais Monk est de retour et réclame à manger. Puis il lui demande ce qu’elle est en train de faire, et en larmes, Cecilia répond qu’elle déménage. Monk lui demande alors ce qui ne va pas, parce que Olga n’est que la sœur de Joe Caruso et qu’il lui montrait juste un tour de cartes. Cecilia remarque alors que le maillot de corps de Monk est à l’envers. Monk rétorque qu’il l’a mis comme ça ce matin : selon lui, Cecilia fait une erreur. Puis il s’excuse, prétend que c’était parce qu’il avait bu et que Cecilia sait très bien comment il est quand il boit. Puis il exige : elle ne peut pas partir, il a besoin d’elle et il sait qu’il l’aime. Cecilia éclate alors en sanglots : il ne l’aime pas, il la traite mal et il la bat. Monk rétorque qu’il ne la bat que lorsqu’elle dépasse les limites. Et d’abord il la prévient avant et si elle ne se reprend pas, oui, il lui en colle une. Cecilia répond qu’elle le quitte. Alors Monk s’indigne : il ne sait pas qui lui remplit la tête de toutes ces idées folles mais il en a assez : il veut son dîner, il veut sa viande. Et comme Cecilia répond que non, Monk se lève de table et reprend un ton doux : il n’est qu’un petit enfant quand il s’agit d’elle, et il est vraiment désolé, ce n’est pas lui, c’est le Whiski. Puis comme Cecilia dit qu’elle part, Monk lui dit de partir : elle verra bien comment c’est le monde réel, et elle reviendra, elle ne fait que bluffer, elle ne vaut rien – elle reviendra, peut-être cela prendra une semaine, ou une heure, mais elle reviendra.

Et Cecilia se retrouve toute seule dans la rue et le vent, sa petite valise à la main. Le cinéma est fermé, et en passant devant le pub, elle croise deux prostituées qui entendent bien récupérer les dollars des clients. Alors Cecilia fait demi tour et rentre chez elle, où elle n’entend que les ronflements de son mari. Le lendemain, elle confond encore les commandes de ses clients. Sa sœur veut absolument lui présenter Teddy Ashcroft, un exterminateur de la Merson Pest Control, qu’elle voudrait épouser, spécialisé dans les souris et les poissons d’argents. Cecilia est de nouveau rappelée à l’ordre par ses clients, qui lui réclame qui son hamburger, qui sa note. Alors une assiette lui échappe, et cette fois, Cecilia est virée par son patron. Cecilia a beau dire qu’elle paiera les dégâts, le patron ne veut rien entendre et la chasse. Sa sœur veut partir aussi mais Cecilia ne veut pas parce qu’elle a des enfants. Cecilia se retrouve à marcher dans la rue, désespérée. Elle passe alors devant le cinéma et s’arrête, puis entre regarder la Rose Pourpre du Caire, encore et encore, tandis qu’elle ne s’arrête pas de pleurer devant Tom Baxter s’extasiant sur la belle vie à New-York… C’est alors qu’au beau milieu de sa réplique, Tom Baxter s’interrompt et de l’écran s’adresse à Cecilia dans la salle : elle doit vraiment aimer ce film, puisqu’elle est restée toute la journée dans la salle. Et comme, incrédule, Cecilia s’étonne que le personnage à l’écran parle d’elle, Baxter confirme : c’est la cinquième fois qu’elle voit le film, et décrète qu’il faut qu’il lui parle. Et d’un coup, sous les cris épouvantés du public, Baxter sort de l’écran en noir et plan pour entrer dans la salle, en couleur et bien réel.

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