Dune, le film de 2021Feu rouge cinéma

Dune (2021)

Ce film est un remake du film de 1984 d'Alan Smithee (aka David Lynch).

De Denis Villeneuve (également scénariste), sur un scénario de Jon Spaihts et Eric Roth, d'après le roman de Frank Herbert ; avec Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac, Josh Brolin, Stellan Skarsgård, Dave Bautista.

Pour adultes

(dans un énorme pet) Les rêves sont des messages des profondeurs.

« Ma planète Arrakis est si belle quand le soleil est bas, roulant sur les sables : vous pouvez voir l’Epice dans l’air. A la nuit tombée, les écumeurs d’Epice atterrissent : les étrangers luttent contre le temps pour échapper à la chaleur du jour. Ils ravagent nos terres sous nos propres yeux. Leur cruauté vis-à-vis de mon peuple est tout ce que j’ai connu. Ces étrangers, les Harkonnens, sont arrivés bien avant que je naisse. En contrôlant la production d’Epice, ils sont devenus obscènement riches. Plus riche que l’Empereur lui-même. Nos guerriers ne pouvaient libérer Arrakis des Harkonnens, mais un jour, par décret impérial, ils étaient partis. Pourquoi l’Empereur a-t-il choisi ce chemin et qui seront les oppresseurs qui succèderont ? »

Dune, première partie.

Le bruit de la pluie, des flashs d’une Bene Gesserit, et un jeune homme se réveille en short dans une petite chambre éclairée d’une lampe orangée. Nous sommes en l’An 10191 sur la planète Caladan, le monde d’origine de la Maison des Atreïdes, une planète gorgée d’eau, nuageuse et apparemment orageuse. Descendu prendre son petit déjeuner après avoir mis au moins une chemise, le jeune homme entend sa mère lui dire que c’est une bonne chose qu’il se soit levé tôt : son père veut qu’il soit en uniforme d’apparat avant l’arrivée du messager de l’Empereur. Apparemment encore endormi, le jeune homme répète étonné : « uniforme d’apparat ? » puis « militaire ? » (est-ce qu’ils ont des uniformes civils sur Caladan ?). Sa mère corrige : « de cérémonie », et cela semble soulager le jeune homme, qui apparemment doit s’habiller seul.

Puis le jeune homme demande pourquoi ils ont besoin d’endurer tout cela alors que tout est déjà décidé ? Sa mère qui semble ne pas avoir beaucoup de vocabulaire, répond « cérémonie ». Elle verse de l’eau d’une carafe dans deux verres. Il la remercie. Elle répond que si il veut son verre, il doit la forcer à le lui donner, et elle boit son propre verre. Alors il sort un couteau et bondit… Et en fait, non. « Utilise la voix ! » ordonne sa mère. Le jeune homme proteste, il vient seulement de se lever et pourtant cela ne devrait pas l’empêcher de dire le mot magique, ou de se lever et se verser lui-même un autre verre. 

Le jeune homme susurre : « Donne-moi l’eau » (toujours pas le mot magique, mais comment Caladan et les Atréïdes élèvent leur fils, comme des milléniums ?). La mère insiste : le verre n’entend pas la voix de son fils, il faut qu’il commande à sa mère. Le jeune homme darde ses adorables yeux noisettes sur sa mère qui sent son cœur fondre et elle va immédiatement s’agenouiller devant lui avec le verre d’eau… Et en fait non, toujours pas, c’est une mère indigne qui refuse un verre d’eau à un pauvre enfant, tout cela sous le regard de Patrick Stewart aka le capitaine Picard dont l’imposant portrait en costume de toréro surplombe la scène. Etonnamment, ce film n’a pas été annulé pour apologie de la tauromachie – décidément les wokes choisissent seulement les cibles désignés par leurs employeurs et ceux-là doivent avoir des actions dans Dune.

Le jeune homme se décide à articuler l’ordre sans que rien ne sort de sa bouche, plus il doit vraiment être enroué le matin parce qu’il parle comme un ventriloque avec une voix de femme âgée, ce qui franchement craint pour donner un ordre pris au sérieux : « Donne-moi l’eau ! » et toujours pas le mot magique. C’est donc bien vrai que les films et les séries incitent à ne plus respecter l’autorité. La mère du jeune homme prend le verre, puis le repose. Très fière d’elle, elle humilie son fils d’un « presque ». Et il n’a toujours pas son verre d’eau. C’est bon, j’appelle la DASS. Incrédule, le fils répète « presque », parce que lui non plus n’a ni vocabulaire ni sens de la répartie, et que l’abus d’écran depuis son plus jeune âge fait de l’écholalie une seconde nature chez lui.

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