L'invasion des profanateurs, le film de 1978Feu rouge cinéma

Invasion of the Body Snatchers (1978)

Sorti aux USA le 22 décembre 1978.
Sorti en France le 7 février 1979.
Sorti en Angleterre le 22 mars 1979.
Sorti en blu-ray américain MGM US le 14 septembre 2010 réédité le 13 septembre 2011.
Sorti en blu-ray collector SHOUT FACTORY US le 2 août 2016 (nombreux bonus, région A)
Sorti en blu-ray français RIMINI FR le 25 avril 2017, réédité le 21 juillet 2021.
Sorti en blu-ray KINO LORBER US le 1er février 2022.
Sorti en coffret blu-ray+4K KINO LORBER US le 23 novembre 2021.

De Philip Kaufman, sur un scénario de W. D. Richter, remake du film de 1956 adapté du roman The Body Snatchers 1954 de Jack Finney ; avec Donald Sutherland, Brooke Adams, Leonard Nimoy, Jeff Goldblum, Veronica Cartwright.

Pour adultes.

(horreur, invasion extraterrestre) Une planète à la surface habitée de flagelles bullées transparentes qui lévitent en direction d’un espace interplanétaire et migrent à travers l’espace intersidéral, apparemment certaines de leur destination : une planète bleue ressemblant à la terre, apparemment sur le point d’être littéralement fécondée par une éjaculation cosmisque super précise.

Un coup de tonnerre au-dessus des nuages puis une chute, avec la pluie en direction de la surface fortement urbanisée d’allure américaine. La pluie ruisselle sur les plantes et la terre, chargée de bulle, et sur une feuille en particulier la charge transparente darde des tentacules, forme un bulbe qui éclot en une fleur rouge, fleur que l’on retrouve un peu partout dans les buissons le long d’un parc : une jeune femme (Elizabeth Driscoll) cueille une fleur pour la sniffer, une institutrice propose aux enfants de cueillir toutes les fleurs (ce qui devrait être interdit dans un parc) sous le regard d’un prêtre qui se balance avec vigueur sur une balançoire avec deux jeunes garçons, et en se balançant fixe de son regard les enfants plus jeunes occupés à cueillir les fleurs.

Parce que c’est apparemment important pour le scénariste, la jeune femme du début (Elizabeth) tient absolument à faire voir sa petite fleur à son copain (Geoffrey) occupé à regarder un match de basket-ball à la télévision, vautré sur son fauteuil : à retenir pour une vie de couple réussi, interrompez systématiquement et constamment l’activité ou le plaisir de vos partenaires à chaque fois que vous débarquez ou l’apercevez, le plus fréquemment possible.

Ils se roulent une pelle, Elizabeth pesant de tout son poids sur son amant encore assis dans le fauteuil, quand, alors que le jeune homme s’exclame « hourra… » pour le supposé point marqué dans le match, alors qu’il n’a strictement aucun moyen de voir l’écran de télévision, et que le son de la télévision était coupé durant toute la scène. Peut-être essaie-t-il subtilement de communiquer à sa compagne quelque chose comme « pas maintenant, j’ai la migraine… »

Oui, la communication dans un couple est parfois difficile et subtile, surtout quand on viole systématiquement les règles élémentaires du savoir faire et du respect de l’autre. Gageons qu’une invasion extraterrestre devrait y mettre bon ordre.

Puis Elizabeth se lève enfin, change de pièce et poursuit son dialogue d’exposition dans une autre pièce, parce qu’elle s’imagine bien sûr que lorsqu’on regarde la télévision dans le salon, on entend parfaitement quelqu’un discuter botanique dans la chambre à coucher quand on lui parle en lui tournant le dos à plat-ventre sur le lit : elle estime qu’elle a vraiment trouvé quelque chose de rare, la petite fleur – vous savez celle que tout le monde retrouvait sur tous les buissons du parc. Elle pense que c’est un grex.

Définition d’un Grex selon Elizabeth : un grex c’est quand deux espèces différentes se pollinisent entre elles et en produise une troisième encore différente. Aka, la bestialité pour les plantes. Et de citer encore « épilobique », parce qu’elle sait très bien que son copain adore l’entendre lire des dictionnaires à haute voix depuis la chambre à coucher quand il regarde un match de basket-ball. Et juste histoire de, elle cite encore « beaucoup d’espèces (épilobiques) sont des mauvaises herbes dangereuses et devraient être évitée. » 

En fait la nuit est tombée, Geoffrey sort de la douche, la salle de bain donnant sur la chambre à coucher, et comme il veut se coucher avec un casque audio sur les oreilles, Elizabeth proteste : elle lit un livre (à haute voix !) et ça la dérange. Mais ce n’est pas grave, elle lira au rez-de-chaussée et nous en déduisons que la chambre est à l’étage, malgré le fait que nous n’avons jamais vu ni Elizabeth ni Geoffrey monter leurs escaliers.

Quelqu’un frappe à la porte : c’est un inspecteur de l’hygiène. En fait non, c’est à la porte d’un restaurant français qui mijote de la crotte de rat en cuisine. L’inspecteur d’hygiène téléphone ensuite, possiblement le même soir à Elizabeth parce qu’il veut un test de la salmonellose, et parce qu’apparemment Elizabeth laisse son numéro personnel et accepte les appels au milieu de la nuit quand quelqu’un a besoin de ce genre de test. Elle se recouche avec la fleur cueillie dans un verre d’eau sur la table de nuit de son mari.

Pourquoi garder une plante potentiellement allergisante et contenant les parasites du parc type puce dans la chambre à coucher à côté de sa tête ? Pourquoi poser sa petite fleur sur la table de nuit de son copain et pas la sienne ? Juste pour arranger le scénariste. Et une fois levée, le lendemain matin, Elisabeth aperçoit par sa fenêtre une scène particulièrement dérangeante : son copain a sorti les poubelles.

L'invasion des profanateurs, le film de 1978

L'invasion des profanateurs, le film de 1978

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Ici la page du forum Philippe-Ebly.fr consacrée à ce film.

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