
The Fly, La Mouche, la nouvelle de 1957
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The Fly (1957)
Attention, bien qu'écrite par un auteur parlant couramment le français et l'anglais, les versions anglaises et françaises ne sont pas des traductions l'une de l'autre et diffèrent dans leurs détails.
Sorti dans le magazine Playboy de Juin 1957.
Traduit dans le recueil Nouvelles de l’Anti-monde chez Robert Laffont en mars 1962,
Réédité en 1966 chez Marabout et Marabout Géant, réimprimé en 1973,
Réédité chez l’Arbre Vengeur en janvier 2018 ;
Réédité également chez Flammarion, étonnants classiques le 14 mai 2008, réédité le 27 février 2019.
Adapté en film américain en 1958 sous le titre français La mouche Noire avec Vincent Price.
Adapté en film américain en 1986 sous le titre français La mouche avec Jeff Goldblum.
De George Langelaan.
Pour adultes et adolescents.
(pas de résumé, lisez s’il vous plait le début de la nouvelle ci après).
*
Le texte anglais de George Langelaan de 1957 pour le magazine Playboy de juin 1957.
THE FLY fiction By George Langelaan
if she looked upon the horror any longer
she would scream for the rest of her life
TELEPHONES AND telephone bells have always made me uneasy. Years ago, when they were mostly wall fixtures, I disliked them, but nowadays, when they are planted in every nook and corner, they are a downright intrusion. We have a saying in France that a coalman is master in his own house; with the telephone that is no longer true, and I suspect that even the Englishman is no longer king in his own castle.
At the office, the sudden ringing of the telephone annoys me. It means that, no matter what I am doing, in spite of the switchboard operator, in spite of my secretary, in spite of doors and walls, some unknown person is coming into the room and onto my desk to talk right into my very ear, confidentially – whether I like it or not. At home, the feeling is still more disagreeable, but the worst is when the telephone rings in the dead of night. If anyone could see me turn on the light and get up blinking to answer it, I suppose I would look like any other sleepy man annoyed at being disturbed. The truth in such a case, however, is that I am struggling against panic, fighting down a feeling that a stranger has broken into the house and is in my bedroom. By the time I manage to grab the receiver and say:"Ici Monsieur Delambre. Je vous ecoute," Iam outwardly calm, but I only get back to a more normal state when I recognize the voice at the other end and when I know what is wanted of me.
This effort at dominating a purely animal reaction and fear had become so effective that when my sister-in-law called me at two in the morning, asking me to come over, but first to warn the police that she had just killed my brother, I quietly asked her how and why she had killed Andre.
"But, Francois… I can't explain all that over the telephone. Please call the police and come quickly."
"Maybe I had better see you first, Helene?"
"No, you'd better call the police first; otherwise they will start asking you all sorts of awkward questions. They'll have enough trouble as it is to believe that I did it alone... And, by the way, I suppose you ought to tell them that Andre ... Andre's body, is down at the factory. They may want to go there first."
"Did you say that Andre is at the factory?"
"Yes ... under the steam-hammer."
"Under the what!"
"The steam-hammer! But don't ask so many questions. Please come quickly Francois! Please understand that I'm afraid ... that my nerves won't stand it much longer!"
Have you ever tried to explain to a sleepy police officer that your sister-in-law has just phoned to say that she has killed your brother with a steam-hammer? I repeated my explanation, but he would not let me.
"Oui, monsieur, oui, I hear ... but who are you? What is your name? Where do you live? I said, where do you live!"
It was then that Commissaire Charas took over the line and the whole business. He at least seemed to understand everything. Would I wait for him? Yes, he would pick me up and take me over to my brother's house. When? In five or 10 minutes.
*
La traduction au plus proche.
LA MOUCHE fiction Par George Langelaan
si elle regardait l'horreur plus longtemps
elle hurlerait pour le reste de sa vie
LES TÉLÉPHONES ET LES sonneries de téléphone m'ont toujours mis mal à l'aise. Il y a quelques années, lorsqu'ils étaient principalement fixés au mur, je ne les aimais pas, mais de nos jours, lorsqu'ils sont plantés dans tous les coins et recoins, ils sont carrément une intrusion. Nous avons un dicton en France qui dit qu'un charbonnier est maître chez lui ; avec le téléphone, ce n'est plus vrai, et je soupçonne que même l'Anglais n'est plus roi dans son propre château.
Au bureau, la sonnerie soudaine du téléphone m'agace. Elle signifie que, quoi que je fasse, malgré la standardiste, malgré ma secrétaire, malgré les portes et les murs, un inconnu entre dans la pièce et sur mon bureau pour me parler à l'oreille, en toute confidentialité, que cela me plaise ou non. À la maison, la sensation est encore plus désagréable, mais le pire est lorsque le téléphone sonne en pleine nuit. Si quelqu'un pouvait me voir allumer la lumière et me lever en clignant des yeux pour répondre, je suppose que j'aurais l'air de n'importe quel autre homme endormi, agacé d'être dérangé. Mais la vérité, dans ce cas, c'est que je lutte contre la panique, contre le sentiment qu'un étranger s'est introduit dans la maison et se trouve dans ma chambre. Lorsque je parviens à saisir le combiné et à dire : « Ici Monsieur Delambre. Je vous écoute, » je suis calme en apparence, mais je ne retrouve un état plus normal que lorsque je reconnais la voix au bout du fil et que je sais ce qu'on attend de moi.
Cet effort pour dominer une réaction et une peur purement animales était devenu si efficace que lorsque ma belle-sœur m'a appelé à deux heures du matin, me demandant de venir, mais d'abord pour prévenir la police qu'elle venait de tuer mon frère, je lui ai demandé tranquillement comment et pourquoi elle avait tué André.
« Mais, François... je ne peux pas expliquer tout cela au téléphone. Je vous en en prie, appelez la police et venez vite.
— Je devrais peut-être vous voir d'abord, Hélène ?
— Non, vous ferais mieux d'appeler la police d'abord, sinon ils vont commencer à te poser toutes sortes de questions gênantes. Ils auront déjà assez de mal à croire que j'ai fait ça toute seule... Et, à propos, je suppose que vous devriez leur dire qu'André ... Le corps d'André, est à l'usine. Ils voudront peut-être y aller en premier.
— Vous avez dit qu'André était à l'usine ?
— Oui... sous le marteau-pilon.
— Sous la quoi ?!?
— Le marteau-pilon ! Mais ne posez pas tant de questions. Venez vite, François, s'il vous plaît ! Comprenez que j'ai peur... que mes nerfs ne le supporteront plus très longtemps ! »
Avez-vous déjà essayé d'expliquer à un policier endormi que votre belle-sœur vient de téléphoner pour dire qu'elle a tué votre frère avec un marteau-pilon ? J'ai répété mon explication, mais il ne m'a pas laissé faire.
« Oui, monsieur, oui, j'entends... mais qui êtes-vous ? Quel est votre nom ? Où habitez-vous ? J'ai dit, où habitez-vous ! »
C'est alors que le commissaire Charas reprit la ligne et toute l'affaire. Lui, au moins, semblait tout comprendre. Je l'attendrais ? Oui, il viendrait me chercher et m'emmènerait chez mon frère. Quand ? Dans cinq ou dix minutes.
*



Le texte français de George Langelaan de 1963.
LA MOUCHE
J’ai toujours eu horreur des sonneries. Même le jour, au bureau, je répond toujours au téléphone avec un certain malaise. Mais la nuit, surtout lorsqu’elle me surprend en plein sommeil, la sonnerie du téléphone déclenche en moi une véritable panique animale que je dois maîtrise avant de pouvoir coordonner suffisamment mes mouvements pour allumer, me lever et aller décrocher l’appareil. C’est alors un nouvel effort pour moi que d’annoncer d’une voix calme : « Arthur Browning à l’appareil » : mais je ne retrouve mon état normal que quand j’ai reconnu la voix à l’autre bout du fil, et je ne suis véritablement tranquillisé que quand je sais enfin de quoi il s’agit.
Ce fut cependant avec beaucoup de calme que je demandai à ma belle-sœur comment et pourquoi elle avait tué mon frère lorsqu’elle m’appela à deux heures du matin pour m’annoncer cette nouvelle et me demander de bien vouloir prévenir la police.
— Je ne peux pas vous expliquer tout cela au téléphone. Arthur. Prévenez la police et puis venez.
— Je ferais peut-être mieux de vous voir avant.
— Non, je crois qu’il vaut mieux d’abord prévenir la police. Autrement ils vont se faire des idées et vous poser des tas de questions… Il vous avoir assez de mal à croire que j’ai fait ça toute seule. Au fait, il faudra leur dire que le corps de Bob se trouve à l’usine. Ils voudront peut-être y aller avant de venir me chercher.
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Ici la page du forum Philippe-Ebly.fr consacrée à cette nouvelle.
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L'homme qui rétrécit, le film de 1957
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The Incredible Shrinking Man (1957)
Sorti aux USA le 22 février 1957,
Sorti en France le 17 mai 1957.
Sorti en DVD français en 2012, UNIVERSAL CLASSICS ;
Sorti en blu-ray français le 11 octobre 2017 ;
Sorti en blu-ray américain le 19 octobre 2021 (CRITERION US, nouvelle restauration 4K, nombreux bonus, région 3 anglais seulement).
De Jack Arnold, sur un scénario de Richard Matheson (d’après son roman de 1956, The Shrinking Man) et Richard Alan Simmons, avec Grant Williams, Randy Stuart, April Kent, Paul Langton, Raymond Bailey.
Pour adultes et adolescents.
Une plage de rêve sous un ciel bleu à peine voilé de quelques nuages, l’océan, un petit yacht à l’avant duquel un jeune couple bronze.
L’histoire étrange, presque incroyable de Robert Scott Carey, commença un jour d’été très ordinaire. Je connais cette histoire mieux que personne, parce que je suis Robert Scott Carey…
Sur le petit yacht, l’homme blond fait mine de sommeiller et comme sa très jolie compagne prend un coussin pour le caler sous sa tête, puis s’étire, il remarque que c’est comme ça qu’il veut passer ses vacances. Sa compagne, fermant les yeux à son tour, approuve. Mais l’homme — Robert Carey — ajoute qu’il a soif. Sa compagne fait mine de ne rien avoir entendu et répond que ce soleil fait du bien. Robert ouvre les yeux et regarde son épouse, répétant qu’il a soif. Ce à quoi son épouse répond, les yeux toujours fermés, en souriant, que c’est intéressant. Robert ajoute qu’une bouteille de bière bien fraîche aurait bon goût. Sa compagne ouvre et les yeux et répond : pourquoi tu ne vas pas la chercher ? Robert se détourne : il est en vacances, pour toute la semaine. Et son épouse de réponde : moi aussi, mon ami.
Alors Robert enlace la jeune femme — Louise — et lui colle un tendre baiser sur la joue, puis un autre, et déclare qu’ils devraient se marier. Ce à quoi Louise répond qu’ils sont mariés depuis six ans. Robert fait mine d’être incrédule : vraiment, pour lui, cela lui a semblé seulement six minutes. Mais Louise est intraitable : elle n’ira pas lui chercher cette bière. Robert se détourne et croise les bras : il a fourni le bateau, qu’elle fournisse la bière. Louise corrige : c’est son frère à lui qui a fourni le bateau. Robert transige : si Louise apporte la bière, il apportera le dîner. Louise accepte l’accord et se lève. Cependant comme Robert rappelle qu’il veut une bouteille, Louise rappelle qu’ils sont à court et qu’il n’aura droit qu’à une canette. Robert s’indigne : comment parviendront-ils aux Philippines dans ses conditions ? Louise rétorque qu’ils n’iront pas aux Philippines, ils seront rentrés à la maison à la fin du week-end. Robert taquine : c’est de la mutinerie ! Et comme Louise fait le tour du bastingage pour descendre dans la cabine, il lance « que les bières soient froides ! », « comme de la glace ! » elle promet.
Comme Louise disparait dans la cabine, l’attention de Robert est attirée par un nuage blanc à la surface de l’océan, qui semble grandir en taille très progressivement. Il se redresse et s’assoit, alors que le nuage grandit plus vite — ou se rapproche. Robert se lève. Le nuage est devenu énorme et arrive droit sur lui. Il passe à l’arrière du bateau, mais avant qu’il ait pu faire quoi que soit d’autre, le bateau est engouffré et les yeux lui piquent tandis que des particules argentées tourbillonnent et lui collent à la peau. A peine quelques secondes plus tard, le nuage est passé et Louise demande à son mari ce qui vient de lui arriver. Il ne sait pas, un genre de brouillard. Puis elle s’étonne des particules brillantes qui maculent le torse de Robert et lui tend une serviette pour s’essuyer…
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La patrouille du temps, le recueil de nouvelles de 1960
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The Time Patrol (1955)
Sorti aux USA en 1955 dans The Magazine Of Science-fiction & Fantasy.
Sorti en France 1965 chez Marabout.
Sorti en France en 1982 chez J'ai Lu.
Réimprimé en France le 24 mai 1991 chez J'ai Lu.
Sorti en France 2005 chez éditions du Belial (nouvelle traduction augmentée d'un récit, "les chutes de Gibraltar").
De Poul Anderson.
Recueil de quatre nouvelles :
La patrouille du temps (1955, The Time Patrol)
Le grand roi (1959, Brave To Be A King)
Echec aux Mongols (1960, The Only Game In Town)
L'autre univers (1955, Delenda Est).
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Ingénieur mécanicien, Manse Everard répond à une petite annonce alléchante. Cependant, à la vue du représentant de son employeur, il s'inquiète déjà de savoir s'il est sur le point de travailler pour des espions. Everard est un ancien militaire, et tout en prétendant ne pas travailler pour une puissance étrangère, le mystérieux Mr. Gordon, à la physionomie mongole lui propose un test psychologique, à l'aide d'un instrument dont Everard ne comprend pas les inscriptions. Au bout de longs tests, Gordon annonce à Everard que sa candidature pour la Patrouille du temps est retenue, et Everard est en conséquence envoyé à l'Académie des Patrouilleurs Temporels située en Amérique de l'Ouest, 33 millions d'années avant Jésus Christ...
*
Ce cycle de nouvelles est d’abord paru en magazine puis publié sous la forme d’un roman, d’abord partiellement puis progressivement dans des éditions augmenté. La Patrouille du Temps est en quelque sorte le manuel de ceux qui veulent écrire des voyages dans le temps.
En tout cas des voyages dans le temps qui suivent la conception la plus récente du temps selon H. G. Welles : le temps est une ligne de dominos représentant chacun un évènement, ; ce que fera l’agent temporel dans le passé fera tomber ou non les dominos depuis le passé jusqu'au présent du voyageur temporel et au-delà, dans le futur.
Pour l'agent qui se retrouvera pris dans la chute des dominos temporels, c’est la fin de partie, tout au moins jusqu’à ce qu’un agent venant du passé d'avant la chute de dominos parvienne à rétablir la ligne temporelle originale ; et ce même agent échappé du passé d'avant découvre en général la chute des dominos quand il croit pouvoir retrouver son présent et le découvre changé, en ce qui s'appelle désormais une uchronie.
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Le texte original de Poul Anderson de mai 1955 dans The Magazine Of Science-fiction & Fantasy.
THE TIME PATROL
MEN WANTED-21-40, pref. single, mil. or tech. exp., good physique, for high-pay work with foreign travel. Engineering Studies Co., 305 £. 45, 9-12 & 2-6.
"The work is, you understand, somewhat unusual," said Mr. Gordon. "And confidential. I trust you can keep a secret?"
"Normally," said Manse Everard. "Depends on what the secret is, of course."
Mr. Gordon smiled. It was a curious smile, a closed curve of his lips which was not quite like any Everard had seen before. He spoke easy colloquial General American, and wore an undistinguished business suit, but there was a foreignness over him which was more than dark complexion, beardless cheeks, and the incongruity of Mongolian eyes above a thin Caucasian nose. It was hard to place.
“We’re not spies, if that’s what you’re thinking,” he said.
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La traduction au plus proche.
Rech. hommes-21-40, célib. préf., mil. ou tech. exp., bonne forme, pour gros salaire avec voyage à l'étranger. Bureau d'Ingénierie Co., 305 £. 45, 9-12 & 2-6.
"Le travail est, vous comprenez, quelque peu inhabituel," dit Mr. Gordon. "Et confidentiel. Je suppose que vous savez garder un secret?"
« Normalement, dit Manse Everard. Ça dépend sur quoi porte le secret, bien sûr. »
Mr. Gordon sourit. C'était un curieux sourire, une courbe close de ses lèvres qui ne ressemblait à rien de ce que Everard eût déjà vu. Il parlait un américain courant informel avec un accent neutre, et portait un costume d'affaires banal, mais une extranéité à son sujet qui allait au-delà du teint foncé, des joues imberbes et de l'incongruité des yeux mongols au-dessus d'un nez fin de type caucasien. C’était difficile à cerner.
« Nous ne sommes pas des espions, si c'est ce que vous pensez, il dit. »
*
La traduction de Bruno Martin de 1982 pour J’ai Lu.
La Patrouille du temps
1
On demande hommes, 21-40, préf, célib, spéc. mil. ou tech., bonne santé, pour travail bien rémun., voyages loint. Soc. d'Entrep. Méc. 305E. 45, 9-12 & 2-6.
— Vous comprenez qu'il s'agit d'un travail assez inhabituel, dit Mr. Gordon. Et confidentiel. Je pense que vous savez observer le secret ?
— Oui, en temps normal, fit Manse Everard. Cela dépend évidemment de la nature du secret.
Mr. Gordon sourit. Un sourire bizarre, une courbe serrée des lèvres qui ne ressemblait à rien que connût déjà Everard. Il parlait un américain courant et portait un complet d’affaire tout ordinaire, mais il se dégageait de lui une impression d’étrangeté qui ne venait pas uniquement de son teint bistre, de ses joues imberbes ou de l’incongruité de ses yeux mongols, effilés de part et d’autres de son nez mince et caucasien. C’était difficile à définir.
— Nous ne sommes pas des espions, si c’est à cela que vous pensez, dit-il.
*
La traduction de Bruno Martin, révisée en 2005 par Pierre-Paul Durastanti pour Le Belial.
La Patrouille du temps
1
On demande hommes, 21-40, de préf, célib, exp. mil. ou tech., bonne condition physique, pour travail bien rémun., av. voyages à l'étranger. Bureau d'Ingénierie SA, 305E. 45, 9-12 & 2-6.
« Vous comprenez qu’il s’agit d’un travail assez inhabituel, dit M. Gordon. Et confidentiel. J’imagine que vous savez garder un secret ?
— En temps normal, répondit Manse Everard. Et tout dépend du secret. »
M. Gordon sourit — d’un sourire bizarre, une courbe des lèvres serrées telle qu’Everard n’en avait jamais vue. Il parlait un américain courant et portait un complet banal, mais il dégageait une étrangeté qui ne venait pas uniquement de son teint bistre, de ses joues imberbes ou de l’incongruité de ses yeux mongols, effilés de part et d’autres de son nez mince et caucasien. C’était difficile à définir.
— Nous ne sommes pas des espions, si c’est à cela que vous pensez, dit-il.
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Ici la page du forum Philippe-Ebly.fr consacrée à ce livre.
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La nuit du chasseur, le film de 1955
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Night Of The Hunter (1955)
Sorti aux USA le 26 août 1955.
Sorti en France le 11 mai 1956.
Sorti en blu-ray américain le 16 novembre 2010 chez CRITERION (région A, anglais LPCM 1.0, pas de version ou sous-titres français).
Sorti en blu-ray français le 31 octobre 2012, coffret collector 1BR, 2DVD, 1CD (région B, anglais DTS HD MA 1.0, version française, sous-titres forcés), épuisé.
Sorti en blu-ray français le 4 septembre 2013 BR+DVD (région B, anglais DTS HD MA 1.0, version française, sous-titres forcés).
Ici l'article de ce blog sur le blu-ray américain de 2010 de la Nuit du Chasseur (1955)
De Charles Laughton (également scénariste), sur un scénario de James Agee, d'après le roman de Davis Grubb ; avec Robert Mitchum, Billy Chapin, Sally Jane Bruce, Shelley Winters, Lillian Gish.
Pour adultes et adolescents.
Rêve, mon petit, rêve
Rôde dans la nuit le chasseur
Gonfle ton cœur enfantin, de peur
La peur est juste un rêve
Alors rêve, mon petit, rêve…
La vieille dame disait : Alors vous vous souvenez les enfants comme je vous avais raconté dimanche dernier à propos du bon Seigneur qui montait jusqu’en haut de la montagne et parlait au peuple, et comme il disait « que soient bénis les cœurs purs car ils verront tous Dieu », et comme il disait que le Roi Salomon, dans toute sa gloire, n’était pas aussi merveilleux que les lys dans le pré ? Et je sais que vous n’oublierez pas « Ne juge pas sans quoi tu seras toi-même jugé », parce que je vous l’ai expliqué. Et puis le bon Seigneur vint à dire : « Méfiez-toi des faux prophètes, qui viennent à vous habillés en mouton, mais qui sont à l’intérieur des loups voraces. Tu les reconnaîtras à leurs fruits… »
Des enfants filent dans toutes les directions, tandis que l’un est resté face à l’arbre pour compter de cinq en cinq à toute vitesse jusqu’à cent. Il quitte l’arbre immédiatement, et va vers le seul garçon resté immobile devant la trappe ouverte de la cave de la maison voisine, et demande ce qui ne va pas. Le garçon immobile ne répond pas, mais pointe du doigt les jambes d’une jeune femme renversée au bas des marches de l’escalier. Tous les enfants se rassemblent devant la trappe.
Un arbre bon ne peut pas porter de fruits maléfiques, pas davantage que ne peut un arbre corrompu porter un fruit bon. De là, par leurs fruits, tu les reconnaîtras.
Sur la route qui quitte la maison, s’en va, joyeux et fier, un pasteur dans son automobile. Le pasteur parle tout seul et demande au Seigneur ce qu’il arrivera ensuite : une autre veuve ? Cela en fait déjà six, ou douze – il ne se souvient pas : le Seigneur n’a qu’à lui dire quelle sera la prochaine, il est déjà en route. Selon le pasteur, le Seigneur lui envoie toujours l’argent qu’il lui faut pour avancer et prêcher sa parole : une veuve avec une petite liaisse de billets cachés dans un pôt à sucre.
Comme il traverse une ville puis passe devant une église, le pasteur soupire : il se sent fatigué et pense que le Seigneur ne comprend pas sa fatigue. Selon le pasteur, le Seigneur comprend les meurtres parce que son Livre est plein de meurtres – mais il y a des choses que le Seigneur déteste, des choses qui sentent le parfum, des choses avec de la dentelle, des choses avec des cheveux bouclés… Et le pasteur de s’arrêter en ville pour se payer un spectacle de strip-teaseuse. Assis dans le noir, le pasteur grimace, son poing gauche tatoué « Haine » crispé sur sa cuisse. Il finit par rentrer son poing dans sa poche, et avec un clac, la lame de son couteau à cran d’arrêt jaillit de sa poche. Alors le pasteur lève les yeux au ciel et soupire : « il y en a trop : on ne peut pas tuer le monde entier. » C’est alors qu’un policier lui pose la main sur l’épaule : le pasteur conduit une voiture de tourisme immatriculée à Moundsville : et, pour le vol de cette voiture de tourisme, Harry Powell est condamné à passer trente jours au pénitencier de Moundsville. Lorsque Harry Powell tente de corriger le juge lorsque ce dernier prononce sa sentence, afin que le Juge l’appelle « Prêcheur » (Pasteur), le juge rétorque qu’un voleur de voiture ne peut être un homme de Dieu et maintient son verdict.
Ailleurs, dans une prairie remplie de fleurs, un garçon répare la poupée d’une petite fille. Soudain, leur père arrive en voiture au milieu du jardin. Son fils accoure, joyeux. Le père demande où est sa mère ; le fils répond qu’elle est partie faire des courses, puis remarque que son père saigne. Alors son père lui demande de l’écouter : la liasse de billet qu’il tient dans sa main droite (il a un révolver dans sa main gauche), il faut la cacher avant qu’ « ils » arrivent. Il y en aurait pour près de 10.000 dollars. Ils entendent alors une sirène de police arriver, tandis que le père envisage plusieurs cachettes, puis réalise où personne n’ira chercher l’argent.
Comme la police arrive, le père s’agenouille et dit à son fils : le garçon doit d’abord jurer qu’il s’occupera de la petite Pearl, sur sa vie. Ensuite il doit jurer qu’il ne dira jamais où l’argent est caché, même pas à sa mère. Le garçon jure et s’étonne d’avoir à garder le secret de sa mère, mais son père explique que le garçon a du bon sens, et pas sa mère, et il veut que cet argent revienne à son fils quand celui-ci aura grandi… Puis il se relève et demande au garçon de se redresser et de jurer solennellement, main levée, en répétant son serment : il protègera Perle sur sa vie et ne dira jamais où est l’argent. Quatre policiers arrivent, pistolet au point et appelle le père par son nom, Ben Harper. Puis ils plaquent le père à terre et l’emmène, choquant le garçon. Sa mère arrive. Le garçon, John, tourne simplement les talons et s'en va, tandis que sa mère prend sa petite sœur dans les bras.
Plus tard, Ben Harper est condamné à être pendu par le cou par le même juge que Harry Powell pour le meurtre de Ed Smiley et Corey South. Seulement, lorsqu’il partage sa cellule avec Harry Powell, il ne peut s’empêcher de parler dans son sommeil, et Harry Powell tente de lui faire avouer où il a caché l’argent. Harper se réveille et lui donne un coup de poing : Harry Powell a quand même entendu parler Harper d’enfants, et comme il tente de jouer sur la culpabilité de Harper quand à son double meurtre, Harper rétorque qu’il ne supportait pas l’idée de voir ses enfants mourir de faim comme tant d’autres sur les routes en cette période de Grande Dépression. Et comme Harper est conduit à la potence, Harry Powell remercie le Seigneur de l’avoir conduit en prison, dans la même cellule qu’un homme qui a laissé une veuve avec 10.000 dollars qui l’attendent bien cachés.



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Ici la page du forum Philippe-Ebly.fr consacrée à ce film.
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Calendrier cinéma 1955
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Voici la liste des articles de ce blog consacrés aux films de Science-fiction, Fantasy, Fantastique et Aventure annoncé pour l'année 1955. Cette liste sera mise à jour au fur et à mesure de la rédaction des articles.
Ici le calendrier cinéma pour 1956.
Ici le calendrier cinéma pour 1954.
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Annoncés pour octobre 1955
En France
20.000 Lieues sous les mers 1954*** (7 octobre, 20.000 Leagues Under The Sea)
Les survivants de l'infini 1955*** (ciné FR 19 octobre, This Island Earth)
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Annoncés pour septembre 1955
En France
En quatrième vitesse 1955**** (9 septembre, Kiss Me Deadly)
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Annoncés pour août 1955
Aux USA
La nuit du chasseur 1955**** (Night Of The Hunter)
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Annoncés pour juillet 1955
En Angleterre
It Came from Beneath the Sea 1955 (18 juillet , Le monstre vient de la mer)

Annoncés pour juin 1955
En France
It Came from Beneath the Sea 1955 (18 juin, Le monstre vient de la mer)
Aux USA
Les survivants de l'infini 1955*** (1er juin, This Island Earth)
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Annoncés pour mai 1955
Aux USA
En quatrième vitesse 1955**** (18 mai, Kiss Me Deadly)


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Annoncés pour avril 1955
En France
L'étrange créature du lac noir 1955*** (Ciné FR 13 avril, The Creature From The Black Lagoon 1954)
Aux USA
La conquête de l'Espace 1955* (20 avril, Conquest of Space)
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Annoncés pour janvier 1955
En France
Les diaboliques 1955**** (29 janvier)
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