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- Écrit par David Sicé

Ici la page amazon.fr du roman poche Tous à Zanzibar
Stand On Zanzibar (1968)
Traduction du titre original : Debout, Zanzibar !
Sorti en Angleterre en septembre 1968 chez DOUBLEDAY UK (grand format).
Sorti en France en juillet 1972 chez LAFFONT FR (grand format, traduction de Didier Pemerle)
De John Brunner.
3 mai 2010, Norman Niblock House est le nouveau vice-président adjoint responsable du personnel et du recrutement à la General Technics. Interrompu en plein milieu d'un étrange repas d'affaire avec Georgette Tallon Buckfast, le grand manitou de sa compagnie et l'ex ambassadeur américain au Béninia, House neutralise froidement une fille de Dieu. Celle-ci, au cours d'une visite touristique, avait tenté de démolir Shalmanaser, un super-ordinateur conscient (?) à coups de hache.
Mais House n'est pas au bout de ses peines : son colocataire, Donald Hogan découvre qu'une maîtresse de passage a enregistré leur conversation sur les possibles projets de la General Technics au Béninia. Plus tard, après que tous deux aient été pris dans une émeute, Hogan avoue à House qu'il est lui aussi un espion. Est-ce la raison pour laquelle il est immédiatement réaffecté au service actif par les services secrets ?
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> Un must de la Science-Fiction, sur le thème de la surpopulation. Ne vous laissez pas désorienter par le "zapping littéraire" de Brunner : entre les publicités, les tableaux récapitulatifs, les scénettes et les inventaires, se cache un roman de facture beaucoup plus classique, plus accessible qu'il n'y parait, et surtout très pertinent.
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(traduction au plus proche)
context (0)
LE MODE INNIS
(paragraphe précédent de la citation coupé par John Brunner)
L'Homme typographique peut s'exprimer mais se révèle incapable de déchiffrer les liens d'imbrication de la technologie de l'imprimerie
(Harold) Innis, dans ses travaux plus récents s'attaquait à des imbrications plutôt qu'à des suites d'évènements pour décrire leurs rapports. Dans ses travaux plus anciens, comme le Commerce de la fourrure au Canada, il avait été un organisateur conventionnel d'arguments en paquets d'éléments de points de vue inertes, statiques. Comme il commençait à comprendre le pouvoir de conditionnement des médias à imposer leurs affirmations gratuites de manière subliminale, il se mobilisa pour tenir compte de l'influence mutuelle des médias et des civilisations : "Le progrès dans les moyens de communication tout comme l'absurdité du pont qui séparait les deux pays (Canada et USA)compensaient la hausse des difficultés à se comprendre. Le câble (du télégraphe) poussait au rapprochement des langages et facilitait des échanges toujours plus grands entre la langue anglaise et américaine. Dans le vaste domaine de la fiction anglo-saxonne, l'influence des journaux, du cinéma et de la radio déterminait à l'évidence les meilleurs ventes tout en créant une classe à part de lecteurs qui n'auraient que peu de chance de communiquer entre eux." Innis peut facilement décrire les liens entre les formes littéraires et non littéraires exactement comme dans la citation précédente où il parlait des liens entre la standardisation du vocabulaire et la montée des états militaires nationalistes.
(fin du paragraphe coupé).
Il n'y a rien d'obstiné ou d'arbitraire à propos du mode d'expression de (Harold) Innis. Serait-il traduit en prose à point de vue, non seulement il demanderait beaucoup de lignes, mais la clarté apporté aux liens entre les systèmes seraient aussi perdu. Innis sacrifia le point de vue et la gloire personnelle à réalisation d'un besoin urgent de clarté. Un point de vue peut être un luxe dangereux quand il est substitué à la pertinence et la compréhension. Comme Innis gagnait en clairvoyance, il abandonna tout pur point de vue dans la transmission de la connaissance. Quand il inter-connecte le progrès de la presse à vapeur avec "le renforcement des vocabulaires" et la montée des nationalismes et des révolutions, il ne rapporte pas le point de vue de quelqu'un et encore moins le sien. Il construit un graphe en mosaïque, ou galaxie perspicace... Innis ne fait aucun effort pour "mettre en mots" les inter-connexions des composantes de sa galaxie. Il n'offre aucun plat préparé dans ses derniers travaux, seulement des kits à cuisiner soi-même.
—Marshall McLuhan, La galaxie Gutenberg.
context (1)
SCANALYSE MON NOM
Indicatif SON: "Bienvenue sur SCANALYSE, l'unique focus triquodien de la grande grande actu par Engrelay Satelsery, INvétéré, INdépendant, INstantané, INterface entre vous et votre monde!"
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(texte original)
context (0)
THE INNIS MODE
(paragraphe original précédant la citation, coupé par John Brunner)
Typographic man can express but is helpless to read configurations of print technology
Innis in his later work tackled configurations rather than sequences of events in their interplay. In his earlier work, like The Fur Trade in Canada, he had been a conventional arranger of evidence in perspective packages of inert, static components. As he began to understand the structuring powers of media to impose their assumptions subliminally, he strove to record the interaction of media and cultures: “Improvements in communication, like the Irish bull of the bridge which separated the two countries, make for increased difficulties of understanding. The cable compelled contraction of language and facilitated a rapid widening between the English and American languages. In the vast realm of fiction in the Anglo-Saxon world, the influence of the newspaper the cinema and the radio has been evident in the best seller and the creation of special classes of readers with little prospect of communication between them." Innis is here speaking with ease of the interplay among literary and non-literary forms exactly as in the earlier quotation he was speaking of the interplay between the mechanization of the vernaculars and the rise of military, nationalist states.
(fin du paragraphe original précédant la citation, coupé par John Brunner)
There is nothing wilful or arbitrary about the Innis mode of expression. Were it to be translated into perspective prose, it would not only require huge space, but the insight into the modes of interplay among forms of organisation would also be lost. Innis sacrificed point of view and prestige to his sense of the urgent need for insight. A point of view can be a dangerous luxury when substituted for insight and understanding. As Innis got more insight he abandoned any mere point of view in his presentation of knowledge. When he interrelates the development of the steam press with “the consolidation of the vernaculars” and the rise of nationalism and revolution he is not reporting anybody’s point of view, least of all his own. He is setting up a mosaic configuration or galaxy for insight … Innis makes no effort to “spell out” the interrelations between the components in his galaxy. He offers no consumer packages in his later work, but only do-it-yourself kits.
—Marshall McLuhan: The Gutenberg Galaxy
context (1)
SCANALYZE MY NAME
Stock cue SOUND: “Presenting SCANALYZER, Engrelay Satelserv’s unique thrice-per-day study of the big big scene, the INdepth INdependent INmediate INterface between you and your world!”
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(traduction de Didier Pemerle, 1972)
CONTEXTE 0
LA MÉTHODE D'INNIS
Il n'y a rien d'arbitraire ou de forcé dans le mode d'expression d'Innis. Si on le traduisait en prose perspective, non seulement faudrait-il beaucoup d'espace, mais on perdrait les intuitions, les coups de sonde à l'intérieur des modes d'interaction des formes d'organisation. Parce qu'il ressentait le besoin pressant de ce genre de pénétration, Innis a sacrifié point de vue et prestige. Un point de vue peut devenir un luxe dangereux, si on le substitue à la perspicacité et à la compréhension. A mesure qu'il voyait clair, Innis a complètement cessé d'utiliser les simples points de vue pour exprimer son sujet. Lorsqu'il relie étroitement l'invention de la presse mue à la vapeur et l'"unification des langues vulgaires" avec la montée du nationalisme et de l'esprit révolutionnaire, il n'exprime pas le point de vue de qui que ce soit, et encore moins le sien. Il compose, par la méthode des mosaïques, une configuration, ou galaxie, destinée à illuminer la question... Innis, toutefois, ne se fatigue pas à "déchiffrer" les interrelations des éléments de la galaxie. Ses deniers travaux ne sont pas des produits prêts à être consommés, mais des objets "à faire soi-même"...
Marshall McLuhan, La galaxie Gutenberg.
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- Écrit par David Sicé

Dimension Of Miracles (1968)
Sorti aux USA en juin 1968 chez DELL BOOKS US.
Sorti en France en 1973 chez ROBERT LAFFONT FR (traduction de Guy Abadia).
Sorti en France en mai 1989 chez LE LIVRE DE POCHE FR (couverture de Lerond)
Sorti en France le 1er novembre 2009 chez LE LIVRE DE POCHE FR.
De Robert Sheckley.
Suite à une erreur informatique, Tom Carmody, un fonctionnaire malchanceux, gagne le premier prix de la Loterie Galactique, alors qu'en tant qu'humain de la Terre, il n'était pas censé pouvoir participer au jeu. Dépourvu de l'instinct galactique, il est incapable de retrouver le chemin de la Terre et se retrouve poursuivi par un prédateur qui veut le détruire. Toujours serviables, les organisateurs de la Loterie le transportent alors de Terre alternative en Terre alternative, espérant qu'il retrouvera bien un jour la sienne.



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(traduction au plus proche)
Cela avait été une journée typiquement frustrante. Carmody était allé au bureau, avait tièdement dragué Mademoiselle Gibbon, avait respectueusement contredit M. Wainbock, et passé quinze minutes avec M. Blackwell à discuter des pronostics quant à l'équipe de football américain des Géants...
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(texte original)
PART ONE
The Departure from Earth
CHAPTER 1
It had been a typically insatisfatory day. Carmody had gone to the office, flirted midly with Miss Gibbon, disagreed respectfully with Mr Wainbock, and spent fifteen minutes with Mr Blackwell, discussing the outlook for the football Giants...
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(traduction de Guy Abadia)
PREMIÈRE PARTIE
LE DÉPART DE LA TERRE
I
La journée avait été très peu satisfaisante, comme à l'accoutumée. Carmody était allé au bureau, avait plus ou moins flirté avec Miss Gibbon, respectueusement apporté la contradiction à Mr. Wainbock, et passé quinze minutes avec Mr. Blackwell à supputer les chances des Géants à la prochaine rencontre de football...
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- Écrit par David Sicé


Rosemary's Baby (1968)
Traduction : Le bébé de Rosemary.
Sorti aux USA le 12 juin 1968.
Sorti en France le 17 octobre 1968.
Sorti en Angleterre le 24 janvier 1968.
Sorti en blu-ray américain le 30 octobre 2012 CRITERION US le 30 octobre 2012.
Sorti en blu-ray français le 6 février 2013, réédité le 26 mai 2021 (multi-régions).
Sorti en coffret américain br+4K PARAMOUNT US (55e anniversaire) le 10 octobre 2023, VF incluse, multi-régions.
Sorti en coffret français br+4K PARAMOUNT FR le 11 octobre 2023.
Annoncé en coffret allemand br+4K PARAMOUNT DE le 10 octobre 2024, VF incluse, multi-régions.
De Roman Polanski (également scénariste) adapté du roman d'Ira Levin de 1967, avec Mia Farrow, John Cassavetes, Ruth Gordon, Sidney Blackmer, Maurice Evans, Ralph Bellamy.
Pour adultes.
New-York, ses barres d’immeubles de pierres assez laides en fin de compte entre Central Park et l’Hudson, à toits plats et de l’autre côté du parc, une résidence cossue aux murs de brique avec cour intérieure, aux toits biscornus, clochetons grimaçants, tourelles, et porte cochère du siècle précédent où on livrait encore à cheval.
Sous la porte-cochère, un jeune couple – une jeune femme blonde-rousse (Liz) à courte robe blanche et un jeune homme brun (Guy) à veste bleu ciel et pantalon crème, est accueilli par un homme au crâne dégarni en costume cravate sous la porte cochère que garde un affable mais âgé planton ganté de blanc en uniforme à casquette.
Le costume cravate fait signe au couple d’entrer et ils passent devant deux imposantes fontaine où des lys de céramique sortis d’une vasque grumelé vert sombre pissent depuis leur cœur dans un bassin glauque. La blonde a l’air charmée par les fontaines d’allure lovecraftienne, le vendeur en costume trace en regardant droit devant lui. Le jeune homme demande si le vendeur est diplômé, et le vendeur répond que oui. La blonde précise : « Il est acteur. » et le vendeur remarque : « On a beaucoup d’acteurs ici. Est-ce que, euh, je vous ai vu dans quelque chose ? »
Ils sont entrés dans une des ailes de l’immeuble et gravissent les quelques marches d’un escalier aux rampes de bois vernis pour arriver à un palier avec coin salon, lampe avec abat-jour flanquée d’une chaise aux coussins de cuir rouge. Le jeune homme précise au costume-cravate : « A-ah, voyons : j’ai dû jouer Hamlet il y a un certain temps déjà, n’est-ce pas Liz ? Puis nous avons fait The Sandpiper (NDT Le Chevalier des Sables)… »
Liz la blonde corrige : « Il plaisante : il était dans Luther et Personne n’aime un albatros, et dans un grand nombre de pièces de théâtre télévisée et de publicités. » Le costume-cravate, qui portait un trousseau de nombreuses clés, appelle l’ascenseur sur le premier palier, face à l’escalier et la sortie sur la cour intérieure. Le costume-cravate se retourne brièvement pour commenter : « Eh bien c’est là où il y a de l’argent, n’est-ce pas ? Dans la publicité… » Le jeune homme surenchérit, faisant mine d’en rire mais grimaçant : « Et aussi les grands frissons artistiques ! »
L’ascenseur lambrissé a également un planton souriant, qui très scrupuleux une fois le costume-cravate et le couple entré, vérifie bien avant de refermer la porte qu’il n’y a personne d’autre qui arrive par les deux côtés. « Le septième, Diego… » commande le costume-cravate. Puis tandis que la cabine se met en branle, le costume cravate commente : « à l’origine, le plus petit des appartements étaient un neuf (NDT pièces) ; ils ont été divisés en quatre, cinq et six (pièces). Le 7-E est un quatre, à l’origine la section arrière d’un dix. Il a la salle-à-manger originale en guise de salon, une autre chambre pour la chambre (de maître)… »
Le planton (Diégo) regarde le couple d’un regard entre pitié et mépris. « Et deux chambres de domestiques jointent pour une salle à manger ou une chambre d’amis. Avez-vous des enfants ? »
« Non, répond l’acteur. — Euh, fait Liz, nous en avons prévus. » Ils sont arrivés au septième et le planton ouvre la grille qui défend du vide la cage de l’ascenseur, pour laisser passer dans un couloir cossu lambrissé. Le costume-cravate sort en dernier, faisant remarquer : « Il faudra huiler cette grille, Diego. »
Depuis un appartement, les gammes d’un pianiste résonnent dans le couloir. Un ouvrier un peu gras en débardeur blanc et djinns visse une poignée de cuivre à une porte et le costume-cravate rappelle à l’ordre Liz qui s’en allait vers la fenêtre du fond du couloir : « Par ici, s’il vous plait! » Au mur, à côté de la porte sur laquelle travaille l’ouvrier, les lettres de cuivre 7B.
Dans la direction opposée à la fenêtre lumineuse, le couloir fait un angle. Le jeune couple s’arrête sur un trou dans la mosaïque du carrelage, comme éclatée par un choc violent, avec encore quelques carreaux blancs à six côtés épars. Pendant ce temps, le costume cravate a repris et le couple lui emboîte le pas rapide : « La locataire précédente, Madame Gardénia, nous a quitté, il y a seulement quelques jours de cela, donc rien n’a encore été déménagé. Son fils m’a demandé de vous dire qu’une partie du mobilier peut-être racheté, pratiquement au prix que vous voulez. »
Plus ils avancent dans le couloir, plus les murs sont abîmés. Il n’y a plus de lambris aux murs, des morceaux de papier peint d’autrefois sont arrachés ou manquent complètement sur la section du couloir. Liz demande : « Est-ce qu’elle est morte dans l’appartement ? Non pas que cela change quelque chose… »
Le costume-cravate est arrivé devant la porte appropriée et rassure : « Non, non, à l’hôpital. » Il déverrouille la serrure : « Elle est restée dans le coma pendant des semaines… » Il ouvre la porte, abaisse le commutateur à gauche à l’entrée et : « Après vous, s’il vous plait. » Liz entre : « Merci. » L’acteur passe à son tour le costume-cravate, qui entre à sa suite : « Elle était très âgées et nous a quitté sans s’être réveillée. » Le costume-cravate referme la porte. Ils sont dans un couloir au mobilier vieillot, avec tapis et bibelots. Le costume-cravate remarque : « Je serait reconnaissant pour ma part de partir ainsi quand l’heure sera venue. »
Liz explore déjà la cuisine lumineuse coquette et équipée, aux armoires et tiroirs blancs, à la petite table avec une nappe à carreaux blancs et verts et quatre chaises de bois clair. La jeune femme est visiblement ravie, et se retourne vers son mari et l’embrasse rapidement sur la bouche, pour lui prendre la main et l’entraîner à la suite du costume-cravate qui bafouille : « Non, pas dans l’appartement, non… Elle est restée de bonne humeur toute sa vie, l’une des premières femmes-avocats de la ville de New-York. »
Liz commente en découvrant le débarras avec ses étagères de plantes flétries en pots : « Et elle faisait aussi un peu de jardinage à côté. » Le concierge surenchérit : « C’était une femme exceptionnelle. Des placards, oh ça oui, plein de placards. »
Liz est allé regarder les livres reliés sur le secrétaire voisin et découvre une lettre inachevée : « Je ne peux plus longtemps m’associer à… » Le costume-cravate poursuit : « Une très belle vue du parc, très belle… Cette chambre par exemple ferait une merveilleuse chambre d’enfants. »
Liz relève la tête et admet : « Oui, du papier peint jaune et blanc l’illuminerait remarquablement… » L’acteur s’inquiète des plantes en pots étiquetées : « C’est quoi, tous ces trucs… » Liz répond « Des aromates, essentiellement. » Le costume-cravate reprend : « … Une belle et grande salle de bain. »
Liz précise : « De la menthe, du basilic… » Son mari demande, un sourire en coin : « Pas de Marie-Jeanne ? » et comme ils passent la salle de pain, il essaie de déclencher la chasse d’eau du cabinet de toilette. Elle fonctionne.
« La chambre de maîtres » présente le costume-cravate, « … et nous voilà de retour dans le couloir. » Il ouvre la porte du grand salon et Liz s’émerveille à nouveau : « Oh, Guy ! » Le costume cravate précise : « La cheminée fonctionne, bien entendu. »
Liz s’extasie : « Oh, c’est un appartement merveilleux : je l’adore ! » Guy se retourne, plaisantant : « Vous voyez ce qu’elle essaie de faire ? Elle essaie de vous faire baisser le loyer. » Le costume cravate se détourne en voulant bien rire de la plaisanterie : « Eh bien, nous le monterions si nous y étions autorisés : des appartements avec ce genre de charme… »
Le costume-cravate s’est subitement interrompu et arrêté face à une imposante armoire à tiroirs au bout du couloir qui se termine juste à l’entrée du salon. « Eh bien, ça c’est étrange ! » Il va à l’armoire, se retourne comme pour prendre à témoin le couple, examine rapidement les côtés : « Il y a un placard derrière ce secrétaire. « J’en… j’en suis certain ! »
Guy remarque en pointant le cadre de porte qui dépasse de derrière le meuble : « Je pense que vous aavez raison… » et Liz de surenchérir : « Elle l’a bougé, il était là avant. » Elle pointe les traces des pieds traînés du secrétaire sur le sol, des débris de plinte au bas du papier peint décollé et le contour clair du meuble sur le mur d’en face l’entrée du salon.
Le costume-cravate inspire brièvement puis se tourne vers Guy : « Donnez-moi un coup de main, voulez-vous ? » Guy fait un geste d’hésitation en direction de son épouse, qui lui fait signe d’obéir, et les deux hommes attrapant le bas du meuble, le déplacent par a-coups avec efforts et soupirs, jusqu’à le replacer contre le mur d’en face l’entrée du salon, sa place originelle supposée. Guy plaisante, tout rouge et essoufflé : « Je vois maintenant pourquoi elle est tombée dans le coma ! » Mais le costume-cravate s’étonne à nouveau : « Elle n’a pas pu le déplacer toute seule : elle avait 89 ans !!! »
Et comme ils se retrouvent face au placard, Liz demande : « Peut-on l’ouvrir ? Peut-être que son fils devrait le faire ? » Le costume-cravate n’hésite qu’un instant : « Je suis autorisé à faire visiter l’appartement. » Et d’ouvrir le placard : en haut des torchons et du linge, en bas, un aspirateur et des balais.
Guy, se tenant les reins et toujours rouge remarque : « Eh bien, qui y était enfermé s’est échappé. » Le costume-cravate suggère, ineptement : « Ou peut-être qu’elle n’avait pas besoin de cinq placards ? » Mais Liz conteste aussitôt : « Mais pourquoi est-ce qu’elle aurait eu besoin de cacher son aspirateur et ses serviettes ? » Le costume-cravate a réponse à tout : « Eh bien, je suppose qu’on ne le saura jamais : peut-être qu’elle était devenue sénile après tout ? »



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Ici la page du forum Philippe-Ebly.fr consacrée à ce film.
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- Écrit par David Sicé


2001, A Space Odyssey (1968)
Sorti aux USA le 3 avril 1968.
Sorti en Angleterre le 15 mai 1968.
Sorti en France le 27 septembre 1968.
Sorti en blu-ray américain le 23 octobre 2007 (multi-régions, version française incluse)
Sorti en blu-ray français le 12 décembre 2007 (multi-régions, édition identique à l'américaine).
Ressortie au cinéma en France le 13 juin 2018 (nouveau master 4K).
De Stanley Kubrick (également scénariste). Avec Keir Dullea, Gary Lockwood, William Sylvester, Douglas Rain. D'après le scénario de Arthur C. Clarke, d'après sa nouvelle The Sentinel (La sentinelle).
L’aube de l’Humanité, une savane africaine. Des grands singes commencent leur journée par un repas de fourmis et de racines. Ils sont entourés de tamanoirs (genre de cochon sauvage à trompe) qui leur font concurrence. C’est alors qu’un jaguar commence lui aussi sa journée par un repas à base de grand singe. Plus tard, la troupe de singe vient s’abreuver à une mare boueuse. À cette occasion, plusieurs individus d’un autre groupe viennent les défier. S’en suit une cacophonie de cris discordants, agrémentés de gesticulations censés impressionnés l’autre groupe. La seconde troupe chasse finalement la première, et vient à son tour s’abreuver à la mare. La nuit vient et le jaguar la passe installé sur un grand zèbre qu’il a égorgé, tandis que les grands singes dorment blottis sous des rochers, ou veillent au cas où un nouveau danger se présenterait. Le matin, un premier singe réveille les autres : une dalle noire est plantée au milieu des rochers, juste devant eux. Les singes s’agitent alors comme face à un ennemi, puis l’un d’eux commence à toucher la dalle et tous se mettent à l’imiter. Plus tard, l’un d’entre eux va examiner longuement des ossements, puis prend un tibias et commence à frapper les côtes encore intactes du squelette, puis le crâne, faisant voler ceux-ci en éclats dans toutes les directions. Avec le même geste, il tue l’un des tamanoirs, puis il dévore sa chair avec le reste du groupe. Tandis que des chimpanzés s’interrogent encore sur l’utilité des tibias, le groupe de grands singes se retrouvent à nouveau confrontés à leurs ennemis lorsqu’ils viennent s’abreuver à la mare. Mais cette fois, l’un d’entre eux utilise le tibia pour tuer le plus hardis de l’autre groupe de grands singes, et ces derniers doivent fuir.
Beaucoup plus tard, l’Humanité a colonisé l’espace orbital et la Lune. Une navette spatiale emporte le docteur Floyd à son bord jusqu’à une station orbitale dont la seconde roue est encore en cours de construction. Il a rendez-vous avec avec un certain Miller de la sécurité de la station. Celui-ci arrive peu après que Floyd se soit présenté à la réception de la station. Ils passent un terminal d’identification par l’empreinte vocale. L’Américain Floyd doit se rendre sur la Lune. Son vol part dans 10 minutes. Miller veut l’emmener au restaurant, mais Floyd a quelques appels téléphonique à passer. Il entre dans une cabine et appelle sa maison au visiophone, mais n’arrive à obtenir que sa fille en bas-âge dont c’est l’anniversaire le lendemain et il lui confirme qu’il ne pourra y assister car il voyage beaucoup, mais il lui promet un beau cadeau à son retour. Puis Floyd retrouve Héléna, une connaissance russe dans la salle d’attente, accompagnée de son équipe et d’un certain Docteur Smyslov, alors que Miller l’attend toujours au restaurant. Ils échangent des banalités, puis Floyed leur demande où ils vont – ils rentrent sur Terre après avoir calibré une antenne. Puis les russes lui demandent en retour où il va, et il mentionne la base lunaire de Clavius, les russes deviennent curieux : selon eux, il règne un grand mystère sur ce qui se passe depuis deux semaines là-bas. Toutes les lignes téléphoniques sont censées être en panne. Floyd fait mine d’être étonné. Puis son amie Héléna lui apprend qu’une fusée russe demandant un atterrissage d’urgence sur Clavius, se l’est vue interdire, au mépris des conventions internationales. Floyd fait mine d’être choqué. Puis le Docteur Smyslov demande directement si une épidémie d’origine inconnue aurait éclatée sur Clavius. Floyd répond qu’il n’est pas autorisé à en discuter, et Smyslov s’inquiète de la possible extension de l’épidémie à l’une de leur base…
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